APPRIVOISER L’INTIMITÉ CORPORELLE

« Le fait de témoigner de la vulnérabilité par le dessin est un privilège.« 

Cette pratique nous invite à apprivoiser la vulnérabilité du corps humain, en traçant des images ou dessins-silhouettes de l’intimité et des parties sensibles du corps humain. Cette approche permet de toucher à sa propre vulnérabilité dans un milieu protégé où le partage est encouragé. Les sujets sont adaptés selon les besoins et spécificités de chaque groupe.

« j’ai commencé à juger sur mes seins après mon accouchement. Je les ai dessiné et redessiné de nombreuses fois

…Je reconnais combien mon regard est conditionné et réactivé tous les jours devant le miroir. Il y a eu un certain lâcher prise face au jugement, c’est vrai et j’ai même pu percevoir la beauté de ma poitrine grâce au dessin. Cependant, je reconnais qu’il y a encore un combat en moi, entre le gros jugement devant mes seins et le lâcher prise de ce jugement. La partie n’est pas si facilement gagnée par rapport au regard. »

Cette pratique est offerte en ligne, préférablement auprès de petits groupes de femmes se connaissant, ou en accompagnement individuel. Disponible aussi sous formes d’ateliers en personne quand le contexte le permet.

Accompagnante : Colette

Pour créer un groupe de partage, s’inscrire à une pratique en ligne ou demander des renseignements : offriraucorps@gmail.com

« Dans la vingtaine, j’étais en amour avec un gars qui a fait des remarques désobligeantes sur mes seins…

…Il a commenté sur la longueur des mes mamelons. Cela m’a suivi pendant très longtemps. En fait, la forme de mes seins est devenue une obsession cachée. Je rêvais de me faire refaire les seins pour aimer mon corps. 

J’ai eu le privilège de mettre au monde une fille et de l’allaiter. Or, c’est à ce moment que mon obsession m’est apparue dans toute sa splendeur. Comment pouvais-je dire à ma fille de s’aimer telle qu’elle est si je me faisais refaire les seins? Quel message lui enverrais-je? C’était un grand dilemme que je vivais intérieurement et qui m’empoisonnait la vie. Je voyais bien à un certain niveau que c’était une folie. Objectivement, cela n’avait pas de sens, sauf que les ressentis profonds de rejet de cette partie de mon corps étaient puissants.

Je m’en suis ouverte à une amie qui m’a proposé de participer à un projet de photos sur les seins pour apprivoiser leur image. Elle cherchait des modèles qui accepteraient de se laisser photographier la poitrine. J’ai accepté. Elle m’a proposé d’aller plus loin et de dessiner certaines images qu’elle avait prises de moi et d’autres personnes, en l’occurrence, ma sœur.

Elle m’a proposé d’aller plus loin et de dessiner certaines images qu’elle avait prises de moi et d’autres personnes, en l’occurrence, ma sœur.

Pendant plusieurs semaines, une fois par semaine, nous nous retrouvions pour faire de la photo ou pour dessiner à partir des photos. Sans m’en rendre compte, subtilement, quelque chose était à l’œuvre. J’ai fini par me rendre compte que j’étais moins obsédée par cette partie de mon corps. Quand je dessinais à partir de mon image, c’était apaisant. J’aimais le geste de dessiner ou de tracer même si je n’ai aucune prétention artistique. Or, un jour où j’ai dessiné l’image de la poitrine de ma sœur, j’ai senti tellement d’amour pour elle, c’est monté en moi comme un torrent. Il me semble que depuis ce jour, mon obsession est disparue. »

j‘ai vécu un épisode de grand jugement face à ma vulve. J’ai alors commencé à la dessiner pour l’apprivoiser et un jour, alors que je terminais de mettre en valeur mon dessin, quelque chose s’est vraiment passé en moi; le sacré m’était apparu. J’ai eu envie de faire une prière devant le dessin de la vulve. J’ai commencé à voir sa vraie beauté de cette façon-là.

« J’ai commencer à apprivoiser les images d’intimité pour m’aider à sortir de ma perspective étriquée de jugement envers le corps intime.

La première fois que j’ai dessiné une femme nue à partir d’une revue, j’ai vu passer dans ma tête tous les jugements possible envers moi. Je me trouvais perverse, je me sentais dégoutée du corps de la femme que j’avais choisi de dessiner et pourtant, je reconnaissais bien que toutes ses réactions étaient fondamentalement encarcanées dans des jugements puissants et inconscients.

Pourquoi était-il si difficile de dessiner un corps, jeune, vieux, assis, debout, fort, faible, malade ou sain? Quels jugements vivaient derrière mes yeux pour rendre difficile l’allégement du regard?

Je sentais vivre en moi cette possibilité d’accueillir ce qui est là, que ce soient des situations vécues ou le regard ouvert que je voulais poser sur toute vie. Le fait de dessiner de nombreuses images du corps m’a permis de l’apprivoiser en douceur.

Maintenant, je regarde ses photos ou ces images et l’immense jugement que j’entretenais sans m’en rendre compte, par rapport aux corps, le mien et celui des autres bien sur, disparaît pour ne laisser que des miettes et pour me rappeler peut-être de continuer à le faire. »

« J’ai vécu beaucoup de souffrance dans ma vie. En grand partie à cause que j’étais femme. J’étais la seule fille dans ma famille, et j’avais trois frères. Dans mon milieu et cette époque là, le fait d’être femme ne me donnait pas droit à grand-chose d’autre que d’être au service des mâles, mais comme j’étais rebelle, j’ai reçu beaucoup de volées. J’ai souvent pensé au suicide.

Quand j’ai commencé à dessiner, je me suis rendu compte que je n’avais jamais regardé ma vulve. La peur de la sexualité ne m’avait même pas fait imaginer que j’avais le droit de connaître mon propre corps. j’ai décidé de me prendre en photo pour pouvoir la dessiner.

Après avoir dessiné quelques fois ma vulve, j’ai fait une recherche pour d’autres images d’organes sexuels sur Internet, ce qui m’a conduit dans des sites pornographiques. J’ai détesté cela. Ça me donnait envie de vomir car ces images réveillaient en moi tout ce que je détestais dans la sexualité : une sexualité sans amour. Le désir pour le désir. Que de la convoitise.

Curieusement, j’ai remarqué que l’image originale me rendait malade, mais pas du tout le dessin fait à partir de l’image même. C’est comme si le fait de l’avoir dessiné avait effacé la convoitise; comme si le dessin faisait sortir la lumière de l’acte sexuel en lui-même, comme si cela nettoyait ce qui a pu se passer. Comme si le pardon pouvait s’installer doucement. Comme si je pouvais renaître à la vie. »



Notre engagement :
Pratiquer à répétition de nouvelles façons,
plus accueillantes et aimantes, de regarder le corps et l’ensemble de la création!